La forêt d’Orléans a récemment fait la Une de l’actualité avec l’abattage de chênes sélectionnés pour le chantier de reconstruction de la charpente de Notre Dame de Paris.

Cette belle histoire cache pourtant l’avenir sombre de toute la filière bois française.

Ainsi, avec nombre de mes collègues parlementaires, j’ai interpellé le ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur les graves conséquences de l’exportation massive de grumes vers l’Asie qui ne cesse de croître. Un chêne sur 3 récoltés part en Chine sans aucune transformation ni valeur ajoutée sur le territoire de l’Union européenne.

La conséquence immédiate est accablante : 90 % des scieries de chênes n’ont plus assez de bois pour assurer leurs besoins de l’année. Après le chêne, les résineux sont également touchés. La pression de la Chine sur les ressources européennes est d’autant plus forte que la Russie a choisi d’interdire l’exportation de ses grumes et sciages frais.

En France, l’industrie du sciage et de la deuxième transformation est donc en grand danger. De surcroît, un tel export constitue un immense gaspillage écologique puisqu’il annule le bénéfice de la captation de carbone par le bois, tandis que les produits manufacturés, meubles et parquets reviennent d’Asie à des prix défiant toute concurrence en raison d’une main-d’œuvre peu payée.

Les artisans, les acteurs de la construction et de toute l’industrie de la transformation du bois sont en demande d’une mise en sécurité urgente de leurs approvisionnements.

Après une première interpellation du gouvernement en mars 2018 restée sans effet, nous sommes dans l’attente de mesures concrètes du gouvernement afin de permettre à la filière bois française de sécuriser ses approvisionnements et de réaliser nos objectifs de neutralité carbone.

Ma question au Ministre de mars 2018 : https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-6250QE.htm?fbclid=IwAR1AMH6OSow4qQImb8tUvgz63gy682ufHNPvAxmkBWmH34MG0c64QaLiBM4